De nombreux parents d’enfants à haut potentiel se retrouvent démunis face au refus catégorique de leurs enfants de réaliser des tâches qui semblent pourtant parfaitement accessibles, prétextant même parfois que cette dernière est trop difficile.

Incompréhension et tensions sont alors souvent au rendez-vous, bloquant encore plus le processus.

Fainéantise ? Trouble du comportement ? Insolence ? Non, rien de tout ça en général. Prenons de la hauteur et changeons de regard.

Peur de l’échec et perfectionnisme

Et si je vous disais que tout ça vient peut-être de la peur de l’échec et d’un certain sens – ou faudrait-il dire plutôt “sens certain” – du perfectionnisme ? Je suis sûre que cela vous semble parfaitement plausible.

Un enfant à haut potentiel a un niveau d’exigence élevé, et ce dans beaucoup de situations. Lui n’échappe pas à la règle et porte souvent un regard tronqué sur ce qui est attendu de lui, pensant bien souvent que c’est hors de sa portée.

Une remarque malheureuse ou moquerie (même légère) de quelqu’un de son entourage ou d’un camarade de classe peut aussi être la cause de ce retrait soudain. Pas de demi-mesure en général chez ces enfants-là : le découragement est immédiat. 

Citons encore l’exemple de ce petit bonhomme que l’on a félicité, avec un regard d’adulte bienveillant et rempli de bonnes intentions, pour ses acquis rapides dans différents domaines, lui faisant penser qu’il atteindrait un niveau satisfaisant pour lui (souvenez-vous que satisfaisant = élevé) rapidement , lui faisant également oublier qu’il devra passer malgré tout par une phase d’apprentissage plus ou moins laborieuse. 

Peur de l’échec et découragement sont alors au rendez-vous. L’inaction est à ce moment-là, forcément, la solution la plus judicieuse pour eux les faisant éviter l’éventuel échec annoncé. 

Mais alors que faire dans ce cas?

Alors chers parents, vous qui avez probablement eu un enfant qui a marché ou parlé un peu tard mais très vite bien, vous qui vous vous arrachez les cheveux face au refus de votre enfant pour certaines activités simples, ou face à son refus de travailler à l’école, ou encore son retrait soudain dans un domaine où il semblait pourtant avoir des capacités particulières, vous pouvez maintenant regarder la situation sous un autre angle et vous demander ce qui fait que votre enfant agit de la sorte.

Mais alors que faire ? Voici quelques pistes pour vous aider :

Aidez-le à réévaluer le niveau d’attentes et déconstruire son schéma d’exigences

Prenons l’exemple de cet enfant de GS qui, face à un long texte compliqué pour lui à lire (impossible pour d’autres à ce stade) dans lequel il lui est demandé de retrouver certains mots, perdra ses moyens et préférera ne pas le faire prétextant que c’est trop compliqué, “simplement” parce qu’il a compris que le but de l’exercice est de lire le texte en entier… imaginez également l’effet dévalorisant quand il voit que ses camarades y arrivent sans trop d’efforts !

Comme mentionné plus haut, l’enfant à haut potentiel à un niveau d’exigence élevé. Il a dans ce cas beaucoup de mal à se figurer ce qui lui est réellement demandé ou attendu de lui à son stade d’apprentissage, et aura tendance à viser trop haut. C’est un réflexe, s’il n’est pas travaillé depuis le plus jeune âge, qui le poursuivra tout au long de sa vie. Bon nombre d’adultes à haut potentiel admettent d’ailleurs être des “spécialistes de la procrastination”.

Face à certaines tâches, appliquez-vous à revenir, avec lui, sur les consignes données et replacer l’exercice dans son juste contexte en tenant compte du niveau auquel il se trouve. Il apprendra ainsi à sortir de sa vision globale et à répondre aux demandes. Vous l’aiderez également, par la suite, à éviter les réguliers “hors contexte” !

Rappelez-lui que tout n’est pas inné et que c’est normal

Pour un enfant qui n’a pas eu besoin de prendre conscience des processus d’apprentissage, que ce soit en lecture ou écriture ou dans tout autre domaine dans lequel il a des facilités, il sera compliqué pour lui d’accepter de ne pas être performant de suite.

L’effort à produire pour l’acquisition des connaissances peut alors lui sembler être une phase dévalorisante.

Lui expliquer, avec des mots choisis en fonction de son âge, comment on acquiert de nouvelles connaissances ou compétences peut s’avérer très intéressant et permettra de lui démontrer que ce processus est universel, la différence résidant dans la rapidité par laquelle chacun traverse le processus. N’oubliez cependant pas de bien lui préciser – voire lui démontrer par des exemples – que ce qui est vrai pour un domaine ne l’est pas forcément pour un autre, chacun possédant également ses propres facilités.

Félicitez-le, certes. Mais surtout mettez en lumière son évolution !

Un enfant à haut potentiel a souvent un besoin accru que de renforcement positif dans tout ce qu’il fait. Le féliciter à chaque réussite est important, forcément, et ne doit pas vous donner l’impression de le plonger dans un système d’auto-suffisance et de prétention.

Mais j’avais envie de mettre en avant, sous ce point, quelque chose qui me paraît fondamental et pourtant souvent oublié: encourager ses progrès et lui faire réaliser son évolution. Lui faire prendre conscience du fait qu’il s’améliore parce qu’il a recommencé, encore une fois, ou qu’il s’exerce, lui apportera une satisfaction personnelle certaine et à terme, la conscience du processus d’apprentissage dont je vous parle plus haut.

 Démystifiez l’Everest !

Admettez que déployer des efforts pour un objectif est hautement valorisant d’une fois que le but est atteint. La réussite lui procurera alors beaucoup de satisfaction personnelle que je vous invite d’ailleurs à l’amener à conscientiser. Il aura alors certainement à coeur de vouloir retrouver cette sensation.

Le sens du perfectionnisme a tendance à donner l’impression à ces enfants, face à certaines tâches, d’une montagne à gravir.

Pourquoi ne pas procéder, avec lui, à un découpage des étapes par lesquelles il devra passer pour atteindre son objectif final ?

Plus petit sera votre enfant, plus courtes devront être les étapes. N’oubliez pas de fixer des objectifs qu’il pourra atteindre sans trop d’efforts mais sans trop de facilité non plus. C’est à doser en fonction de chaque enfant. Faites en sorte que la réussite soit valorisante.

Chaque étape atteinte devra être source de satisfaction. Il avancera alors petit-à-petit, sans vraiment se rendre compte du chemin parcouru. Je vous invite d’ailleurs là aussi à ne pas oublier de revenir sur ce chemin, régulièrement, en comparant ses débuts avec le stade auquel il se trouve.

Vous l’avez déjà compris, avoir un enfant à haut potentiel n’est pas de tout repos. Mais ces enfants nous poussent à constamment réévaluer nos actions et notre positionnement, nous demandant non seulement d’être parents, mais aussi coachs.

Vous voilà armés, avec ces quelques points, pour tenter de faire face à ces situations de refus. Et si vous n’y voyez aucune amélioration, alors je vous invite à ne pas chercher à forcer à tous prix. L’entêtement n’a pas grand-chose de bon avec un enfant tout aussi entêté. Il s’emploiera alors à déployer des trésors de résistance. Relâchez, et peut-être même qu’il y reviendra de lui-même, plus tard.

A vous de jouer !

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