LES HABILETÉS SOCIALES

Comprendre les autres, trouver sa place et construire des relations qui nous conviennent.

COMPRENDRE LES HABILETÉS SOCIALES

Les habiletés sociales nous accompagnent dans une multitude de situations du quotidien : entrer dans un groupe, engager une conversation, comprendre ce qui vient de se passer dans un échange, exprimer un besoin, poser une limite, faire face à un désaccord ou réparer un malentendu.

Pour certains enfants et adolescents, ces apprentissages se font assez spontanément. Pour d’autres, ils demandent davantage d’explicitation, d’expérimentation et parfois d’accompagnement.

Et derrière une même difficulté sociale peuvent se cacher des mécanismes très différents.

QUAND LES RELATIONS SOCIALES DEVIENNENT DIFFICILES

Pour certains enfants et adolescents, les apprentissages sociaux demandent davantage d’observation, d’explicitation ou d’expérimentation. Une même difficulté visible peut pourtant avoir des origines très différentes.

Entrer dans un groupe

Ne pas savoir comment rejoindre les autres, quand intervenir ou comment trouver sa place.

Comprendre l'autre

Hésiter sur l’intention de l’autre, l’humour, les sous-entendus ou ce qui vient de se passer.

Réagir très vite

Répondre ou agir avant d’avoir eu le temps d’observer la situation et les signaux de l’autre.

Oser prendre sa place

Rester en retrait, ne pas oser dire non ou avoir peur de mal faire dans la relation.

Gérer un désaccord

Faire face à la frustration, au refus ou à un point de vue différent sans que l’échange déborde.

Vérifier son interprétation

Apprendre à distinguer les faits, ce que l’on pense avoir compris et les autres explications possibles.

Exprimer ses besoins

Pouvoir demander, refuser, expliquer ce qui ne convient pas et poser progressivement ses limites.

Réparer un malentendu

Revenir sur un échange, comprendre ce qui a coincé et essayer une autre manière de faire.

Les fonctions exécutives, l’attention, la régulation émotionnelle, le langage, les particularités sensorielles, l’anxiété, les expériences relationnelles antérieures ou le contexte peuvent tous influencer la manière dont une interaction est comprise et vécue.

Avant de chercher à modifier un comportement, il est donc utile de comprendre ce qui se passe derrière.

HABILETÉS SOCIALES ET NEURODIVERSITÉ

Comprendre le fonctionnement avant de choisir les outils

Deux enfants peuvent rencontrer la même difficulté — par exemple entrer dans un groupe ou gérer un désaccord — pour des raisons très différentes.

Je ne pars donc pas du diagnostic pour décider de ce qu’un enfant doit apprendre. Le diagnostic, lorsqu’il existe, apporte des éléments de compréhension. Mais le travail reste ajusté au fonctionnement, aux ressources et aux besoins de l’enfant.

DES PROFILS DIFFÉRENTS, DES BESOINS DIFFÉRENTS

TDAH

Un enfant avec un TDAH peut comprendre les codes d’une situation sociale et pourtant avoir du mal à les mobiliser dans l’instant. Inhibition, impulsivité, attention aux signaux de l’autre, mémoire de travail ou régulation émotionnelle peuvent intervenir. Le travail consiste alors moins à répéter une règle connue qu’à développer des repères et des stratégies mobilisables en situation.

TSA

Les implicites, les intentions, les changements de perspective ou l’imprévisibilité des interactions peuvent demander davantage d’explicitation. L’objectif n’est pas d’apprendre à l’enfant à paraître « plus normal », mais de favoriser la compréhension des situations tout en l’aidant à identifier et communiquer ses propres besoins et limites.

Haut potentiel

Le haut potentiel n’est pas, en lui-même, un trouble des habiletés sociales. Pour certains enfants, un décalage d’intérêts, certaines expériences relationnelles, une forte intensité émotionnelle ou d’autres particularités associées peuvent toutefois compliquer certaines situations. C’est le fonctionnement réel de l’enfant qui guide l’accompagnement, et non son étiquette.

Troubles DYS et langage

Comprendre rapidement une information verbale, trouver ses mots, suivre une conversation à plusieurs ou traiter plusieurs informations simultanément peut demander beaucoup d’efforts. Une difficulté dans l’interaction n’est donc pas nécessairement une difficulté de compréhension sociale au sens strict.

Et sans diagnostic ?

Un enfant peut être timide, anxieux, manquer de confiance, avoir vécu du rejet, avoir peu d’occasions d’expérimenter certaines situations ou simplement avoir besoin d’aide pour développer certaines compétences. Un diagnostic n’est donc ni nécessaire ni suffisant pour déterminer si un groupe d’habiletés sociales peut être pertinent.

APPRENDRE EN SITUATION

Comment travailler les habiletés sociales ?

Expliquer peut être utile, mais cela ne suffit pas toujours. Les habiletés sociales se développent aussi en observant, en expérimentant, en échangeant et en revenant sur ce qui s’est réellement passé.

Se comprendre → comprendre la situation et l’autre → expérimenter → observer → ajuster → réessayer.

Le petit groupe devient ainsi un espace d’expérimentation sociale : suffisamment structuré pour permettre l’apprentissage, mais suffisamment vivant pour que les compétences travaillées aient du sens.

CE QUE NOUS POUVONS TRAVAILLER EN GROUPE

Émotions et besoins

Repérer ce que je ressens, les indices corporels et ce dont j’ai besoin.

Points de vue

Comprendre qu’une même situation peut être vécue et interprétée différemment.

Conversation et coopération

Entrer en relation, faire vivre un échange et construire quelque chose ensemble.

Affirmation de soi

Demander, dire non, poser ses limites et exprimer un désaccord.

Faits et interprétations

Observer les indices disponibles et envisager plusieurs explications possibles.

Frustration

Faire face à ce qui ne se passe pas comme prévu et retrouver des possibilités d’action.

Malentendus

Revenir sur une situation, vérifier ce que chacun a compris et ajuster.

Résolution de problèmes

Imaginer plusieurs réponses possibles et observer leurs conséquences.

Les groupes sont volontairement constitués en petit effectif. Ils peuvent accueillir des enfants avec ou sans diagnostic lorsque leurs besoins et leur fonctionnement permettent de construire un groupe dans lequel chacun pourra apprendre des autres et avec les autres.

Un entretien préalable avec l’enfant et ses parents permet de comprendre les difficultés rencontrées, les ressources de l’enfant et les attentes de la famille, mais aussi de vérifier que le groupe proposé constitue un cadre adapté.

PROCHAIN PROGRAMME

Groupe d’habiletés sociales 8–12 ans

12 rencontres de 1 h 30 • un mercredi sur deux • Chêne-Bourg • 6 enfants maximum

Ce cycle part de ce que l’enfant comprend de lui-même pour aller progressivement vers la compréhension de l’autre puis vers des situations sociales concrètes : trouver sa place dans un groupe, entrer en relation, coopérer, poser ses limites, faire face à la frustration, aux malentendus ou aux désaccords.

Quelques bases émotionnelles sont nécessaires : l’enfant doit déjà pouvoir reconnaître et nommer globalement les principales émotions et commencer à faire le lien entre une situation et ce qu’il peut ressentir. Il n’est en revanche pas attendu qu’il sache déjà analyser finement ses émotions, identifier ses besoins ou réguler ses réactions.

Tarif : CHF 840.– pour l’ensemble du programme, comprenant les 12 rencontres, l’entretien préalable avec l’enfant et ses parents et le bilan de fin de programme avec les parents. Paiement possible en trois mensualités.

Votre enfant est plus âgé ?

D’autres groupes pourront être proposés en fonction des besoins et des demandes, notamment pour les adolescents.

Si votre jeune est trop âgé pour le groupe 8–12 ans mais que cette approche pourrait lui être utile, vous pouvez me signaler votre intérêt. Cela ne constitue pas une inscription et ne vous engage à rien. Cela me permettra d’identifier les besoins et, si cela devient pertinent, de constituer un groupe d’âge adapté.

UNE AUTRE POSSIBILITÉ

Un accompagnement individuel est aussi possible

Le groupe n’est pas toujours le cadre le plus adapté. Pour certains enfants ou adolescents, il peut être utile de commencer — ou de poursuivre — le travail de façon individuelle.

L’accompagnement part alors de ce que l’enfant vit réellement : les situations qui lui posent problème, ce qu’il comprend de ce qui s’est passé, ce qu’il ressent, ce qu’il imagine que l’autre a pensé ou voulu dire, mais aussi les expériences relationnelles qu’il a déjà vécues.

L’objectif n’est pas de lui apprendre une liste de « bonnes façons de se comporter », mais de comprendre avec lui ce qui se joue dans les situations sociales et de construire progressivement des repères et des stratégies qui lui correspondent.

Selon ses besoins, l’accompagnement peut associer psychoéducation, psychopédagogie et coaching : mieux comprendre son propre fonctionnement, décoder certaines situations, travailler les émotions et les fonctions exécutives impliquées, expérimenter d’autres réponses, préparer une situation à venir ou revenir sur une situation vécue.

Le travail individuel et le groupe ne s’opposent pas : ils peuvent aussi être complémentaires.